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COURS
DE DROIT CIVIL
(LES
REGIMES MATRIMONIAUX)
Cours
1
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Préparé par Marthel JEAN CLAUDE
Introduction
Le mariage
soumet automatiquement les époux à des règles pour définir leurs rapports
économiques, pendant la durée de leur mariage. Le régime matrimonial peut être
choisi par les époux. Il contient les règles d’administration des biens et des
dettes qu’ils accumuleront pendant leur mariage et leur mode de partage en cas
de divorce ou de décès de l’un d’eux.
Bien souvent, ce n’est qu’à la fin du mariage que les
époux découvrent toutes les implications du régime matrimonial.
Etudier
les régimes matrimoniaux, c’est apprendre à qui, du mari ou de la femme,
appartient tel ou tel bien, qui doit acquitter telle dette, quels sont les
biens que les créanciers de l’un des époux, ou des deux, peuvent saisir. C’est
aussi découvrir ce que chaque époux a le droit de faire face à une banque ou un
notaire, voir un commerçant. Un époux peut-il, seul, vendre, échanger ou donner
tel ou tel bien ? C’est encore de savoir ce que deviennent, l’lorsque le
couple disparait, les biens pendant le mariage.
Qu’ce
qu’un régime ?
Sur
le plan juridique, un régime est un ensemble de dispositions législatives
régissant une matière quelconque.
Définition
du droit des régimes matrimoniaux
Un
régime matrimonial est un ensemble de règles
destinées à organiser les rapports des époux entre eux et avec les
tiers, sur le plan patrimonial, économique.
Caractéristiques
du droit des régimes matrimoniaux
Le
droit des régimes matrimoniaux est à la fois patrimonial et familial. Il est
patrimonial car il touche aux biens des époux, et il est matrimonial car il
constitue en même temps un statut familial : c’est celui des gens maries uniquement.
Il n’est pas d’époux sans statut matrimonial et il n’est pas de régime
matrimonial sans époux.
A-. Un droit
patrimonial
Ce
caractère patrimonial du droit des régimes matrimoniaux explique qu’il a
beaucoup plus d’effectivité que le droit
de la famille car la loi impose plus
facilement aux fortunes qu’aux personnes.
Patrimonial,
le droit des régimes matrimonial pèse les intérêts des uns et des autres. Aussi
chaque fois qu’il se réfère à l’argent, il doit tenir compte de l’érosion monétaire.
B-. Un droit
familial
Comme
le droit familial, le droit des régimes matrimoniaux est un droit de
masse : il s’applique à tous les gens maries. Mais comme le droit de la
famille c’est souvent un droit qui dans
les faits ne s’applique guère ou pas du tout. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord
pour de nombreux époux, le problème de la répartition des richesses ne se pose même
pas parce qu’ils n’en n’ont pas. Ensuite parce que le droit de la famille est
souvent le domaine du non-droit. En effet, les époux qui s’entendent se passent
du droit. La plupart des époux pratiquent leur régime matrimonial sans s’en
rendre compte. La vie quotidienne de la plupart des couples est faite d’accords
conjugaux généralement tacites. Donc l’objet majeur du droit des régimes matrimoniaux
est de régler les situations de crise du ménage : les situations de mésentente,
de divorce ou de décès. Le droit des régimes matrimoniaux est là pour prévenir
ou apaiser les crises.
C-. Un droit marque
d’idéologie
1-. La liberté des époux
Cette
liberté est caractérisée par le libre choix qu’a la femme mariée d’exercer une
profession séparée de celle de son conjoint. Aussi, le fait par les conjoints
de passer des contrats entre eux.
2-. L’égalité dans l’interdépendance
des époux
Les
régimes matrimoniaux plus particulièrement la communauté étaient dominées par
la prépondérance du mari et le statut d’infériorité de la femme mariée pendant
le mariage. En contrepartie, la loi accordait à l’épouse des garanties contre
son mari, alors seigneur et maitre de la communauté. Au fil des temps, les
femmes se sont reconnaitre les mêmes pouvoir que leurs maris sur les biens
communs, pouvoirs qu’elles exercent comme eux en toute indépendance et
principe, si ce n’est pour les actes les plus graves ou l’association des époux est requise.
3-. L’association
dans la cogestion des époux
En
effet, pour les actes les plus importants, la loi impose le principe de la
cogestion dans la communauté légale passes sur leurs biens communs. Ainsi, pour
l’aliénation du bien conjugal, les deux époux doivent y consentir.
L’objet
du droit des régimes matrimoniaux
L’étude
des régimes matrimoniaux sera donc celle du régime des biens entre époux c’est-à-dire
des conséquences d’ordre pécuniaire qui résultent pour eux du mariage tant dans
leur rapport réciproques que dans leur rapport avec les tiers (particulièrement
avec les tiers). Fondamentalement, l’étude des régimes matrimoniaux pose deux
(2) questions.
Tout
d’abord, une question de propriété, ensuite une question de pouvoir.
A-. Questions de
propriété
La
première question qui va se poser en droit des régimes matrimoniaux est une
question de propriété des biens des époux. La question se pose de savoir si
chaque époux conserve la propriété personnelle des biens qu’il possède lors du mariage
et ceux qu’il acquiert plus tard ou au contraire si lesdits biens ou certains
d’entre eux forment une masse de biens communs.
B-. Questions de
pouvoir
On
se posera la question de savoir si les époux sont dans une situation d’égalités :
chacun administre ses biens personnels et participant a l’administration des
biens communs lorsqu’il existe.
Utilité
du régime matrimonial
La
communauté de vie entraine un enchevêtrement des intérêts pécuniaires. Qui
supporte les charges du ménage ? Quels sont les droits des créanciers des époux
sur leurs patrimoines respectifs ? Qui administrera ces biens ? Quel
sera leur sort à la dissolution du mariage ? Autant de question que
l’organisation d’un régime matrimonial permet de trancher.
Rôle
de la loi et de la volonté des parties
On
peut concevoir que la loi établisse un régime matrimonial unique qu’elle déclarerait
impérativement applicable à tous les époux. On peut, à l’inverse, estimer préférable
de laisser les futurs époux décider eux-mêmes, au moment du mariage, quel sera
le statut de leurs biens.
Le
système du droit haïtien est mixte. D’une part, certaines règles s’appliquent impérativement,
comme un effet du mariage (on parle volontiers de « régime
primaire »). D’autre part, pour le reste du régime matrimonial, le
principe est la liberté des conventions matrimoniales : à condition de
passer un contrat de mariage devant un notaire, les futurs époux peuvent aménager
à leur convenance le sort de leur biens. Cependant, même pour cette partie du régime
matrimonial, la loi intervient encore : elle propose des modèles, de sorte
que la liberté des parties consiste essentiellement à choisir entre ces régimes-types
et qu’il n’y a guère de place pour imaginer des combinaisons originales ;
surtout, la loi prévoit un régime matrimonial complet (le régime légal) qui
s’applique à défaut de contrat de mariage.
Les
sources du droit des régimes matrimoniaux
Les
régimes matrimoniaux sont règlementés par le code civil dans les articles 1173 à
1366 et par des lois particulières notamment le décret du 8 octobre 1982.
Division du cours
Nous diviserons l’étude des régimes matrimoniaux
en trois titres :
- Les règles indépendantes
du régime choisi par les époux,
- Le régime
matrimonial légal,
- Les régimes conventionnels.
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